Suisse: Le faux pas d'Alain Berset envers les Roms

Publié le par Aqua Aqua

Suisse: Le faux pas d'Alain Berset envers les Roms

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Les Yéniches et Sintés de Suisse ont ouvert jeudi 15 septembre à Berne leur Feckerchilbi, une fête traditionnelle de quatre jours remontant au 18e siècle. Parmi les invités de la manifestation, le ministre de l'Intérieur Alain Berset. Et celui-ci a commis un impair: lors de son discours, il a salué amicalement ces minorités en les mentionnant par leur nom, mais il a omis de saluer les Roms, pourtant présents à la fête eux aussi.


{C}L'association Dialogue avec les Roms est du coup très déçue par l'attitude du Fribourgeois, selon le Tages-Anzeiger mardi. Son président, Kemal Sadulov s'en est plaint auprès d'Alain Berset après son discours. Mais il n'est pas sûr d'avoir été entendu dans la cohue de la manifestation, a-t-il confié.

{C}Une occasion ratée

Du côté du ministre de l'Intérieur, on se défend d'avoir oublié les Roms. «Le Feckerchilbi est la fête des Yéniches et des Sintés», estime Peter Lauener, porte-parole du département. Raison pour laquelle Alain Berset n'a pas mentionné les Roms, explique-t-il.

L'historien Thomas Huonker regrette toutefois cette attitude qui lui semble aller trop loin. La responsable de campagne de la Société pour les peuples menacés, Angela Mattli, parle elle d'une «occasion ratée de construire un pont» avec les Roms.

Les gens du voyage ont été reconnus comme minorité nationale en 1998. Et depuis 2001, les quelque 35'000 Yéniches et Sintés, nomades ou pas, qui vivent en Suisse, en font partie, contraireement aux Roms. Une demande de reconnaissance a été déposée en 2015 et est toujours pendante au sein du Département fédéral des Affaires étrangères, rappelle le Tagi. «En mentionnant les Roms dans son discours, Alain Berset aurait pu débloquer une situation politique tendue», estime Angela Mattli.

Les Roms sont encore stigmatisés

Cette reconnaissance aurait concrètement une valeur purement symbolique. Mais elle est aurait un impact indirect sur la vie quotidienne des Roms, selon la responsable. Car le racisme envers les minorités a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années, ce qui a entraîné des actions en justice de la part de la Société pour les peuples menacés.

En outre, cette reconnaissance permettrait aux Roms de ne plus se cacher. Selon Angela Mattli, ils seraient quelque 80'000 à vivre en Suisse et à taire leurs racines, de peur des retombées négatives sur les plans professionnel et privé. La responsable estime que les Roms sont encore très stigmatisés et craints. Ils suscitent souvent des sentiments plus que mitigés s'ils dévoilent leur origine.

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